Revue de presse / Les questions de défenses dans la presse québécoise
Alors que dans le sud du Mali des mutins militaires ont fomenté un coup d’État, l’armée s’écroule devant la rébellion touareg dans le nord du pays. Ces derniers ont pris hier le contrôle de Tombouctou dont la chute consacre leur mainmise sur la quasi-totalité du nord du Mali, quelques heures après la prise de Gao, la capitale régionale. Puis, ils ont proclamé l’indépendance du territoire de l’Azaouad dans le nord et annoncé un cessez-le-feu, jeudi, affirmant avoir atteint leur objectif militaire. Les rebelles islamistes, qui ont aidé le week-end dernier les insurgés touaregs à prendre le contrôle de plusieurs villes dans le nord du Mali, veulent y imposer la charia.
Les États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont convenu lundi de fermer leurs frontières avec le Mali et de geler ses fonds à la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pour contraindre les auteurs du putsch du 22 mars à rétablir l’ordre constitutionnel. Ils envisagent en outre d’activer la force militaire de l’organisation. Pour sa part, l’Union africaine (UA), qui a approuvé la constitution de la force de la CEDEAO, a également imposé des sanctions aux putschistes de Bamako.
Pendant ce temps, impuissante à endiguer cette progression fulgurante, soumise aux pressions de l’Afrique de l’Ouest, la junte militaire en place depuis moins de deux semaines à Bamako a promis le retour au pouvoir civil et la mise en place d’un gouvernement de transition, sans pour autant fixer de calendrier. Elle a signé à cet effet avec la CEDEAO un « accord-cadre » pour le retour de l’ordre constitutionnel complet, avec un intérim assuré par le chef du Parlement, selon un proche de la junte.
Les Amis du peuple syrien ont appelé à Istanbul à fixer une « date limite » pour l’application par Damas du plan de paix de Kofi Annan. La Turquie n’a pas mâché ses mots, pour accuser le Conseil de sécurité de soutenir indirectement l’oppression du peuple syrien. Selon le leader turc, le Conseil de sécurité, incapable de faire front commun, a « les mains et les bras liés » pendant que les Syriens meurent tous les jours.
Le médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, a indiqué en début de semaine au Conseil de sécurité des Nations unies que Damas avait accepté de commencer à appliquer son plan de paix en Syrie en prenant des mesures de désengagement militaire d’ici au 10 avril. À New York, plusieurs pays occidentaux ont, bien que très sceptiques sur la sincérité syrienne, commencé à travailler sur une déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU pour prendre en compte cette autre promesse de Bachar Al-Assad. Toutefois, après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le régime syrien bombardait les bastions rebelles, malgré sa promesse de retirer ses troupes, son allié russe affichant sa certitude d’une victoire militaire de Damas même si l’opposition était armée « jusqu’aux dents ».
|
|
|
Centre d'études des politiques étrangères et de sécurité
Département de science politique Université du Québec à Montréal
Case postale 8888, Succursale "Centre-Ville" Montréal, (Québec) H3C 3P8
Téléphone 514-987-8929 Courriel cepes@uqam.ca